Portrait — Pour le capitaine Gérard Cassen, éviter un accident de plus, c’est déjà une victoire

Un accident évité ne fait pas la une. Pour le capitaine Gérard Cassen, c’est pourtant une victoire qui compte : celle d’une vie préservée, d’un trajet qui s’achève sans sirène et d’une famille qui rentre entière. À la tête des motards du Gers, cet officier fait de la route un terrain de sécurité, de prévention et d’enquête.
Gérard Cassen, capitaine des motards du Gers et défenseur de la prévention des accidents
Arrivé début août dans le Gers, le capitaine a pris le commandement de l’Escadron départemental de contrôle des flux. Derrière cet intitulé technique, une vingtaine de motocyclistes et trois brigades — à Auch, L’Isle-Jourdain et Nogaro — veillent sur un réseau fait de grands axes et d’une multitude de routes secondaires.
L’ancienne appellation, Escadron départemental de sécurité routière, a changé, mais le cœur de la mission demeure : repérer les conduites dangereuses, renforcer la vigilance et contribuer à la prévention des accidents. « Un accident en moins dans l’année », voilà, pour Cassen, une victoire qui n’a rien de petit. Son parcours et ses nouvelles responsabilités sont racontés dans ce portrait du capitaine Gérard Cassen.

Sur les routes du Gers, chaque intervention compte
Dans ce département, les routes étroites et dispersées réclament une attention constante. La mission première reste la protection des vies : une présence visible peut faire réfléchir un conducteur avant un dépassement risqué, tandis qu’une intervention rapide peut aider à sécuriser les lieux et à faciliter l’arrivée des secours.
Les contrôles s’inscrivent dans un enjeu plus large que la seule vitesse. Alcool, stupéfiants et comportements dangereux pèsent aussi sur le risque routier, comme le détaille une analyse consacrée aux conducteurs impliqués dans des accidents mortels dans le Gard. La prévention, elle, commence bien avant le gyrophare : des actions de sensibilisation auprès des jeunes rappellent concrètement les conséquences d’une mauvaise décision au volant.
De la passion de la moto aux enquêtes sur les trafics
Originaire de Picardie, près d’Amiens, Gérard Cassen n’avait pas prévu d’entrer dans la gendarmerie. Le service militaire lui ouvre pourtant une voie qui le convainc : après ses débuts comme gendarme auxiliaire dans le Pas-de-Calais et l’école de sous-officiers au Mans, il rejoint notamment la brigade de Tournefeuille, près de Toulouse, où il apprend à travailler dans un rythme soutenu.
Déjà motard dans la vie civile, il passe ensuite quatorze ans en unité motorisée. Les contrôles de poids lourds, les fraudes et les trafics prennent progressivement une place majeure dans son activité. L’Escadron départemental de contrôle des flux prolonge cette logique : les gendarmes surveillent les déplacements sur la route, mais aussi les flux liés aux ports, aux voies fluviales ou aux aérodromes. Comme le résume Cassen, les délinquants empruntent eux aussi les itinéraires ordinaires.
Lors d’un contrôle au péage d’Arles, un chien spécialisé marque l’arrêt devant un petit utilitaire. La fouille révèle une cache aménagée et 400 kilos de résine de cannabis ; l’affaire est ensuite confiée à l’Ofast. Une saisie spectaculaire, certes, mais le capitaine dit aujourd’hui trouver sa satisfaction la plus durable dans le commandement : faire progresser les personnels sans les brusquer et les aider à atteindre leur potentiel.
La vigilance après un accident ou une panne sur autoroute
Son expérience rappelle aussi qu’un incident ne s’arrête pas au bord de la chaussée. En cas de panne ou d’accident sur autoroute, sortir du véhicule et se mettre à l’abri, lorsque la situation le permet, peut éviter qu’un premier danger ne se transforme en suraccident. Les consignes détaillées par le commandant Cassen dans cet rappel de sécurité sur l’autoroute prolongent la même idée : protéger les personnes avant toute autre chose.
Le changement de nom de l’unité n’a donc pas effacé son cap. Entre contrôles, enquêtes et prévention, Gérard Cassen défend une conception très concrète du métier : être présent, agir juste et réduire le nombre de drames. Sur la route, la meilleure victoire reste celle qu’on ne remarque pas : personne n’a eu besoin des secours.
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